dimanche 10 janvier 2010

La Neige et le Froid en plus : un Rêve !

Nombreux sont ceux qui me demandent pourquoi je n'ai pas encore fait un billet à propos du voyage d'hiver à pied que Romagnat-Patrimoine avait proposé le dimanche 13 Décembre et qui de l'avis de tous fut une véritable " féerie " ! J'avoue, bien qu'y pensant chaque jour, ne pas connaître ce pourquoi ! Matière trop
riche sans doute pour être "traitée " dans l'urgence , gisement iconographique dont je voudrais me servir pour faire quelques assemblages…et apprendre ainsi des rudiments de PhotoSchop… à la vitesse à laquelle " j'enregistre " , tu imagines le travail !
Alors il m'apparait comme une bonne solution, en attendant, de publier la lettre que Marie Staelens a envoyé le lendemain à ses petites filles Pétronille et Léontine qui demeurent pour l'instant avec leurs parents en Grèce à Athénes . Voici que ça donne…écoute , un ange passe , et imagine, le froid et la neige ces grands marqueurs de l'imaginaire hivernal étaient là : la totale je te dis !

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Bonjour tout le monde !
Donc le dimanche 13 décembre à Romagnat nous avons fait une balade spectacle sur les flancs du plateau de Gergovie.
A 13h30 rendez-vous est pris devant l'église de Romagnat, plus de soixante personnes emmitouflées sont présentes... prêtes à partir pour le rêve conté de l'après-midi.
Il faut dire que la température a chuté pendant la nuit et que quelques flocons vont nous accompagner...pour la première fois cette année. Une accordéoniste colorée donne le départ et nous partons tous en musique direction le haut de Romagnat. Promenade agréable dans des petites rues typiques, avec explications historiques et drôles de Bernard Quinsat qui mène le convoi hétéroclite et bariolé. La première halte se fera plus haut, dans un pré, en bordure de route, où le matin nous avions déroulé 100 mètres de tissu à rayures jaune et rouge. Sous un tipi symbolique fait de trois échelles bleues, un tabouret attend le lecteur. Un escabeau bleu lui aussi, sera le piédestal de l'ange ... un petit garçon Aurélien, avec des ailes dans le dos, qui dialogue avec Bernard, le lecteur "au tabouret" !
Nous repartons bientôt, au son de l'accordéon de Sylviane Dardillat. Le chemin est étroit, mais praticable et monte doucement vers le plateau. Plus tard nous arriverons au lieu dit "le sable d'Etampes". Là les "leveuses" (filles en foulard coloré, jupes et jupons superposés, porteuses de petits sacs à la ceinture ou sur l'épaule) vont remplir leurs sacs d'un peu de ce sable. Prochaine étape : la vierge des Goules : des chants, des texte, de la musique, des fumées bleues, une petite mise en scène quoi !
La vierge des Goules est une chapelle arrondie, incroyable, construite par un architecte un peu fou, au 19ème siècle en hommage à Vénus, nue, qui y trôna pendant quelques années puis fût remplacée par les âmes bien pensantes du village, par une statue de la vierge dont se souviennent encore beaucoup de vieux romagnatois, qui y allaient en pèlerinage ! Autour de cette chapelle il y avait autrefois, toujours créé par Taché, cet architecte visionnaire, un immense parc ! De nombreuses essences d'arbres subsistent dans la forêt et la broussaille, attestant de cette période. Le cortège repart sur les notes de "la nonchalante", chantée par Laurence. Belle marche à travers bois, un endroit magnifique ! La neige a poudré les feuilles de blanc, les branches craquent sous les pas, il fait un bon petit froid sec.. juste ce qu'il faut pour sublimer la balade ! Nous passons creux et bosses, escaladons et descendons...
Lieu-dit "maison rouge" (une maison peinte en rouge était construite là, villégiature garçonnière de cet architecte bâtisseur !). La maison a disparu mais des feux de Bengale rouges installés le matin par Christian, signifient le lieu à nôtre passage ! Arrivée au ravin de la rase: Là je sortirai de mon sac un gros œuf en terre pour le "déterrer" plus tard. Nous lisons, à quatre voix un magnifique texte, extrait du "chant des pistes" de Chatwin, sur l'origine du monde, accroupis, grattant le sol pour extraire cet œuf porteur de vie. Laurence chante et nous reprenons la route, le "travers de champchabroux".
Nous allons bientôt arriver dans la "coursière de Jean Blancheton", défrichée par nous il y a quelques temps. Cette coursière aurait pu être le raccourci emprunté chaque matin par cet ouvrier partant de Jussat pour se rendre aux fours à chaux de Romagnat où il travaillait. Nous passerons devant la cabane de "Pinoli" dit aussi jambe de bois-et pour cause-autrefois entourée de vignes dont aucune trace visible ne subsiste ! Juchée sur un gros rocher arrondi Sylviane nous chante quelques chansons réalistes, s'accompagnant à l'accordéon.... moment magique! Reprise de la marche... Une musique entêtante nous attire, et vers 16 heures nous arrivons au "gour des fours". Jacques Puech installé dans un grand nénuphar blanc, au dessus du vide, émerge peut à peu du brouillard (artificiel !) et nous enchante du son de sa cabrette. Les marcheurs commencent à descendre vers la tranchée qui les amène à l'entrée de la galerie d'extraction de la pierre à chaux. Ils ne franchiront pas l'entrée, passeront sous un "nid" accroché aux arbres, d'où s'envole un ange bleu, et s'accroupissant découvriront le loup blanc, gardien du gros œuf en cèdre. Dans la galerie des réserves de nourriture, des cruches,du grain, des flammes, des restes de feu éclairent la scène .. c'est magique !
Pour redescendre vers Romagnat, nous emportons avec nous les torches et lampes tempête, traversons la forêt de sculptures géantes et métalliques d' Yves Guérin qui est là dans son fief. Trois cornemuses donnent à ce lieu juste éclairé par des feux finissants une dimension fantastique. Nous passerons par le calvaire éclairé de rouge, où seront lus des textes, et en musique arrivons dans le village. Thibaut a allumé pour nous un brasero, dans l'immense cour de son manoir et nous attend avec du vin chaud, des pains d'épices maison ! Là encore musique et chants, ambiance chaleureuse, les marcheurs sont heureux !

La soirée se continuera à 18 heures, par un concert des "Brayauds" musiciens traditionnels de Basse -Auvergne, et des chants dans l'église de Romagnat.
Nous finirons la soirée chez Quinsat, avec ceux qui le voudront autour de pâtes, avec la musique enivrante et puissante des cornemuses de trois brayauds passionnés !
La journée de clôture de "La belle affiche" fût vraiment une journée à garder au fond du cœur ! Beaucoup de travail de préparation et d'installation, mais quel régal tout ça !






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" J'appelle Narrats des instantanés romanesques qui fixent une situation, des émotions,un conflit vibrant entre mémoire et réalité, entre imaginaire et souvenir. C'est une séquence poétique, à partir de quoi toute rêverie est possible, pour les interprètes de l'action comme pour les lecteurs . Dans chaque narrat, comme sur une photographie légèrement truquée, on pourra percevoir la trace laissée par un ange. Les anges ici sont insignifiants et ils ne sont d'aucun secours pour les personnages …" Antoine Volodine . Des anges mineurs. Fiction et Cie

samedi 2 janvier 2010

Le PETIT PATRIMOINE comme il va …Un rendez-vous réussi !

Ils étaient au moins trois à manquer à l'appel, les trois élus majoritaires qui avaient tenus à nous faire savoir leur sympathie et leur compréhension mais à qui il semblait difficile d'être présent en ce lieu , à cette occasion: comme on les comprend …ou plutôt comme on ne les comprends pas ! La preuve que les décisions , même les intentions quand elles ne sont pas justes sont comme des prisons pour ceux qui les prennent et ceux qui les soutiennent !

Ceci n'empécha pas ce Nouvel An d'être un rendez-vous réussi !



Intrigués sans doute, pour certains, par l’étrange rendez-vous annoncé en ce lieu pour Minuit moins le quart, ils furent plus d’une centaine ce 31 Décembre, à tourner à un moment ou à un autre autour de ce qui allait devenir une sorte d’voobjet non identifié volant dans la lumière douce des lumignons d’où s’élevait la rougeoyante Passion du Christ de Jean Chauchard.
Puis tout se passa avec la simplicité annoncée, autour de l’enclos religieux on se souhaita la bonne année et une longue vie au calvaire pareillement paré pour les grandes occasions.
La seule surprise vint qu’aux alentours de minuit, comme par miracle, le calvaire sembla se trouver au centre d’une couronne de feux d’artifice tirés, sans concertation à l’initiative d’habitants de Romagnat. Les Amis de Romagnat-Patrimoine, initiateurs de cette rencontre y virent un signe salutaire pour l’avenir.
A la suite de ça, le vin chaud et les gâteaux furent partagés dans la grange du calvaire qu’occupe depuis longtemps le syndicat agricole, ce dont bon nombre n’avait même pas connaissance et pour qui ce fut l’occasion idéale d’une découverte et de celle des projets touchant à cet endroit.





L’illustration était donc donnée que le calvaire-ossuaire est bien ici, un lieu repéré comme lieu cultuel populaire et spontané même s’il est tenu à l’écart de pratiques plus encadrés et obsolètes ce qui occasionne bien des confusions et contresens.















Photo de gauche en haut : Piéta de l'église de Romagnat, en bas : Piéta du calvaire …deux cultes différents ?
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Un camp de base aussi …

Mais ce soir là ce fut aussi ici, le « camp de base « d’une petite expédition qui avait décidée de gagner à pied Gergovie - afin que Francis Got et Renée Faure puissent égarer quelques chants dans la nuit du plateau - et à laquelle nulle condition météo – et pourtant la pluie s‘était invitée– n’aurait pu faire renoncer ! Le départ eu lieu vers une heure du matin ce 1er janvier et tout le monde fut de retour au calvaire vers 3heures bien « sonnée « , façon de parler !. Les feux et autres artifices étaient retombés depuis bien longtemps, mais demeuraient allumées les petites loupiotes, dans leur tentative de se frayer quant à elles, un passage lumineux vers l’éternité …

Alerté par la presse un contingent étoffé d’Aubierois participa à ces frugales et sincères agâpes , montrant s’il en était besoin qu’il existe aussi un esprit de canton !
Dans cet ordre là, un seul regret, qu’exceptionnellement la nuit de la Saint-Sylvestre le clocher du village n’égrène pas les douze coup de minuit afin que dans le cortège des vœux échangés, se glisse le sentiment de notre appartenance commune .
Et c’est ainsi, que nos appartenances s’empilent pour faire le millefeuille de nos identités plurielles !
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Surtout ne pas juger la vidéo ci-dessous à l'aune artistique . Il s'agit d'un " instantané " véritable . Il pleut des cordes, nous sommes au point culminant de Gergovie , il doit être autour de de 2 heures du matin le 1er janvier …Renée entonne un chant de Noêl en occitan, Francis lui propose l'abri de son parapluie et improvise au débotté l'accompagnement d'un chant qu'il découvre en même temps que tous les autres ! Reste ce souvenir, ces visages et le peu de lumiére des lampes de poche qu'ils recueillent, la nuit, le silence et le noir autour…et les voix quand même : l'émotion entiere tout simplement . Si Francis insiste on refera la prise…dans les mêmes conditions ! Voici ce qu'en disait Renée le lendemain :
" Je n'oublierai pas ce chant sous la pluie et sous parapluie avec Francis, au plus haut du plateau de Gergovie, devant cette "foule" attentive . Il y avait un côté un peu magique avec ces lueurs laissant deviner une ville, un village ou un simple hameau ; et la brume, ça et là, qui enveloppait le tout, faisant apparaître un paysage d'une grande douceur et empli de sérénité... oui, c'était magique ! "


Du 13 au 31 Décembre : notre derniére quinzaine 2009 …

Jacques Puech jouant de la cabrette en costume de nénuphar dans le bois des Fours à Chaux au cours de notre balade du 13 Décembre et le calvaire illuminé au départ de celle du 31 …

Si c'était un projet de carte de Vœux laquelle choisiriez-vous ? Difficile ? Alors prenez les deux c'est Moke qui vous les destinent, il en a fait un montage à partir des photos de Jean-Paul Cognet , Juan de Diégo et Jef Carrias
Faites nous quand même un signe pour nous confier vos préférences et vos envies de faire des "trucs " avec nous !
…le flou d'abord et puis les contours se précisent …jamais d'abord les grands mots et les grands principes !…et la lumière qui gagne, tout doucement et la ténèbre qui est perçée … Merci à tous ceux qui nous aident !

samedi 19 décembre 2009

Pour bien commencer l'année : trois Rendez-vous !


31 décembre /1 Janvier…ce premier rendez-vous à
Romagnat au calvaire …Pardi !!

On peut amener sa voix et/ ou ses instruments ou des textes à lire dans lesquels il serait question de tolérance et toute la journée on pourra déposer des lumignons et des bouteilles sur le mur autour du calvaire …comme dans le temps pour le nouvel An, aux carrefours, autour des hiropndelles et une hirondelle ça peut faire le …


SUIVRONT :

16 Janvier : " Le Bal du cochon " à Saint-Bonnet prés Riom chez Les Brayauds . Visite du Gamounet , c'est le lieu des brayauds, un ensemble immobilier restauré qui donne une bonne idée de ce que pourrait être la Maison du Patrimoine à Romagnat .
Inscription avant le 3 janvier : 15 Euros ( Repas + Bal) chéque à boutique du Patrimoine 29 rue Mal Foch 63540 Romagnat .

6 et 7 Février : en route pour Saint Jacques de Compostelle …les 2 premiéres étapes de la voie Arverna qui passe par Romagnat jusqu'à Issoire . On en profitera pour " poser la premiére pierre " de la restauration de la Tonne du Pélerin à Chazelles et de lancer la souscription pour la réalisation d' une sculpture de Jean Chauchard représentant le Jacquaïre …comme il en existe tant sur " Le grand Chemin " !

Il faudra bien sûr s'inscrire avant la mi-janvier : on en reparlera …





vendredi 11 décembre 2009

Une Belle affiche pour une Belle clôture 2009 !

Pour en être : 13h30 départ de la balade devant l'église, on prendra pas de retard : les journées sont courtes ! Marche exigeante : bonne humeur et pied un peu marin et bien chaussé . Bien compter 4 heures avec les arrêts . Prévoir petit en-cas pour la route et de quoi boire . Chacun" il est grand " ! Il peut faire froid, il peut pleuvoir , peut-être neiger : vive la pleine nature !
Pour nous rejoindre en chemin : 14h 15 à la source sur la route d'Opme ( deuxième grand tournant à droite ) ou à 14h45 à la Vierge des Goules en y accédant à partir de la route du plateau de Gergovie par le chemin juste avant le circuit des petites voitures de là l'essentiel de l'effort est fait !…après même le moyen de shunter les " Fours à Chaux " : faut pas exagérer quand même ! Pour ceux qui veulent y a même la possibilité de venir directement aux Fours…par précaution il serait mieux d'y être un peu plus tôt qu'annonce le journal , disons : 16 heures ! On aura garé sa voiture en bas et à pied on accédera aux sculptures d' Yves Guerin

Le concert comme on a dit 18 heures à l'église …et pour en savoir plus ci-dessous les fiches de présentation artistique des Brayauds

jeudi 10 décembre 2009

J'avais souhaité que l'on me fasse un signe …

En envoyant le conducteur aux intervenants sur le "voyage d'hiver à pied" de dimanche qui vient- toujours "un peu" inquiet dans ces circonstances, j'avais souhaité qu'ils me fassent un signe pour me rassurer en quelque sorte,! Pouvais-je imaginer qu' il en serait un aussi fort et touchant … après lui, entraînée par lui une cascade de signes… le présage de ce qui sera partagé dimanche entre autre et d'abord…
Accompagnant le tout un choix de phrase de Christian Bobin dans ressusciter justement, et ça donne :

RESSUSCITER de Christian Bobin

" J’aimerais tellement aimer ceux que je vois – mais pourquoi sont-ils si peu présents à eux-mêmes ?

Mon cœur ne s’éveille que rarement, mais quand il le fait, c’est pour bondir aussitôt sur l’éternel comme sur une proie de choix.

Ils se vantent d’avoir l’esprit libre, et lorsqu’on leur parle de Dieu, deviennent aussi furieux qu’un chien tirant sur sa chaîne au passage d’un vagabond.

L’homme dont on parle quand on parle de mes livres n’existe pas.

J’aurais aimé passer ma vie à ne dire un mot ou juste les mots nécessaires à la venue de l’amour et de la clarté, très peu de mots en vérité, beaucoup moins que de feuilles sur les branches du tilleul.

Il n’y a pas de plus grand malheur sur cette terre que de n’y trouver personne à qui parler et nos bavardages, loin de remédier à ce silence, ne font la plupart du temps que l’alourdir.

Toute rencontre m’est cause de souffrance, soit parce qu’elle n’a lieu qu’en apparence, soit parce qu’elle se fait vraiment et c’est alors la nudité du visage de l’autre qui me brûle autant qu’une flamme.

La terre se couvre d’une nouvelle race d’hommes à la fois instruits et analphabètes, maîtrisant les ordinateurs et ne comprenant plus rien aux âmes, oubliant même ce qu’un tel mot a pu jadis désigner.

Quand quelque chose de la vie les atteint malgré tout – un deuil ou une rupture -, ces gens sont plus démunis que des nouveaux-nés. Il leur faudrait alors parler une langue qui n’a plus cours, autrement plus fine que le patois informatique.

Nous nous faisons beaucoup de tort les uns aux autres et puis un jour nous mourrons.

La plupart perdent leurs âmes quand ils entrent dans le monde, aussi facilement qu’on perd un livre dans un déménagement.

Quinze secondes de pureté par-ci, dix autres secondes par-là : avec un peu de chance il y aura eu dans ma vie, quand je la quitterai, assez de pureté pour faire une heure.

Le théâtre c’est simple : tu t’assieds dans le noir et tu écoutes la lumière.

J’ai tout misé sur un amour qui ne peut entrer en ce monde même s’il en éclaire chaque détail.

Une cinquantaine d’étourneaux sont passés entre le tilleul et la fenêtre, comme une volée de pierres lancées par la main d’un géant.

Je ne sais plus qui j’ai rencontré hier.

Nous avons échangé quelques mots comme on soulève son chapeau devant un convoi funéraire puis nous nous sommes quittés.

La plupart des rencontres que je fais ne laissent aucune trace dans ma mémoire.
C’est qu’elles n’ont eu lieu qu’en apparence.
Nos images se sont parlé mais pas nos cœurs.

S. est en proie à la maladie de la perfection.
Elle pense que tout ce qu’elle fait est incomplet, mauvais, raté.
Elle voudrait qu’une seconde vie lui soit donnée comme un beau papier
Blanc sur lequel elle pourrait recopier la première, en lui enlevant
Ses tâches et ses ratures.
Elle ne voit pas que le brouillon, c’est la vie même.

Que les gens disparaissent est au fond moins surprenant que de les voir
Apparaître soudain devant nous, proposé à notre cœur et à notre intelligence.
Ces apparitions sont d’autant plus précieuses qu’elles sont infiniment rares.

La plupart des gens sont aujourd’hui si parfaitement adaptés au monde
Qu’ils en deviennent inexistants.

Il n’y a pas d’autre consolation que la vérité.

Un rouge-gorge, au pied du tilleul joue à la corde avec un rai de lumière.

Les nouveaux-nés tiennent Dieu captif à l’intérieur de leurs petites mains closes.

P146

J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles dans ma vie et Dieu s’est approché pour voir

Ce qui se passait.

P 155 … depuis toujours je multiplie les ruses pour ne pas trahir mon absence à un monde dont je n’ai jamais compris ni les affaires qui l’occupent ni les plaisirs qui le reposent … J’ignore s’il s’agit d’une grâce ou d’une infirmité. Je sais seulement qu’il m’est impossible de vivre dans un monde auquel je ne crois pas.

Chacun de nous naît avec une tâche solitaire à remplir et ceux qu’ils rencontrent l’aident à l’accomplir ou la lui rendent encore plus difficile : malheur à qui ne sait pas distinguer les uns des Autres.

Ne croyez pas que je sois bon, sage ou même intelligent, croyez seulement à ce que j’ai vu car je l’ai réellement vu."

vendredi 4 décembre 2009

Des lieux et des chants pour renaître…

Sur le fil ténu des Arts du chemin -fait de bribes et de troc– en compagnie du Colporteur, Bernard Quinsat a parcouru les contrées d'un Massif-Central qui n'est plus que l'ombre du mythe qu'il était devenu dans ces enjambées là.

De retour au Pays -pour un temps du moins- avec les associations Colportage et Romagnat-Patrimoine il proposera, le Dimanche 13 Décembre -rassemblement à 13h30 devant l'église - la trame d'un grand voyage à pied, à travers cet univers trop familier, où l'habitude tient lieu de connaissance, et où dès lors il est bon, comme pour renaître, que le regard s'attarde à nouveau.

Au fil de ce périple, Laurence Calabrese (chant), Sylviane Dardillat (chant et accordéon), Jacques Puech (cornemuse), dérouleront à la manière des Aborigènes "Le chant" qui ramène à l'existence les choses oubliées comme celles à naître.

Ainsi comme pour une séance inaugurale, ils iront à pied, suivis de tous ceux qui le souhaitent.

Le parcours rabouté de chemins et de vieilles sentes, fraîchement réouverts, sera une véritable création paysagère ainsi arpentée pour la toute première fois.

En cette période de l'avent, aux ventres clos ou excavés des lieux que reliera l’itinéraire, seront célébrées des nativités, d’hommes ou de femmes, dont il ne restait au bord du gouffre de l’oubli, que quelques bribes suspendues dans la mémoire d’un trimardeur.

Il suffira d’un parcours pour les faire vivre dans le regard réjoui d’un petit peuple en marche.

Pour les marcheurs, comme pour les autres la journée se terminera par un concert en l’église de Romagnat à 18 heures, (entrée 10 et 8 Euros/ rando 1 Euro). Les Brayauds s’y produiront en trois formations : Bardane avec les frères Champion, le trio de cornemuse Air-bag autour d’ Yvan Karveix, et l’ensemble vocal : Voix-là.

Les airs et chants de Noël qui seront entendus trouvent leur origine dans les « Bibles de Noël », recueils colportés partout entre les 16ème et 19ème siècle.

Il s’agit de mélodies d’origine liturgique ou d’inspiration profane reprenant des thèmes populaires : annonces aux bergers, nativité…

Ainsi alterneront chants et parties instrumentales, interprétés librement par les Brayauds, dans le respect de ce patrimoine. La lecture de quelques textes -Giono, Rouquette et Graveline- ponctuera le concert .

A 16heure 30, un premier rendez-vous sera proposé par Air-bag à tous ceux qui seront venus à la rencontre des « voyageurs », aux Fours à Chaux, au milieu des sculptures d’Yves Guérin .

mardi 1 décembre 2009

Un CHEMIN vers ROMAGNAT-PARADISIO .

Reprenant une trace séculaire, qu’empruntèrent le vigneron et sa mule, pour se rendre dans quelques arpents disséminés sur ce versant nord de Gergovie, il nous plaît de penser qu’à la fin du XIXème siècle, venant à pied de Jussat chaque matin, Jean Blancheton a pu emprunter ce raccourci, reliant le chemin de la rase à celui de Champchabroux, site du moulin à chaux de Rochon, où il travaillait.

Dominant Romagnat, c’est une île de plus de 10 hectares, arrimée à ce coteau de Gergovie, où conduisaient seulement quelques sentes étroites, aujourd’hui embroussaillées, encombrées des pierres de leurs murets effondrés.
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Techniques de Pierre sèche :





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Parmi elles, la coursière de Jean Blancheton, que les amis de Romagnat-Patrimoine ont dégagée le week-end dernier.

A leurs yeux cet ensemble de terrasses à vignes, envahi par les arbres, pointillé ces jours derniers de soleil automnal, depuis longtemps seulement visité par quelques blaireaux, les chevreuils et les chiens des chasseurs, leur est apparu comme un formidable terrain possible d’application, pour des reconquêtes paysagères, correspondant à leur réflexion.

On a là en effet l’illustration des anciens « paradis » d’inspiration gallo-romaine, et pour quiconque qui, d’ici peu, accédera là par le sentier réouvert le nom du projet que l’association entend proposer en ces lieux deviendra évident : Romagnat-Paradisio !

Leur besogne accomplie nos découvreurs durent redescendre vers les Fours à Chaux où les attendaient une trentaine de membres de l’association « les amis de Gergovie », venus visiter les lieux…et notamment " l'envers des Fours " comme aime à dire Jean-Pierre Couturié Président des Amis des Fours à Chaux. Ils convinrent de réaliser ensemble un futur sentier qui relierait les deux versants du plateau, sur la thématique « le calcaire et la vigne ».




Il fut décidé de repousser au mois de Janvier, la marche vers Saint-Jacques de Compostelle (prévue le week-end du 28 et 29 novembre) afin que la « coursière de Blancheton » soit fin prête pour le voyage à pied, à l’allure des Arts du chemin, que l’association Romagnat-Patrimoine propose le Dimanche 13 Décembre à 14 heures, en préambule au concert de l’Avent (chant et musique traditionnels) que les Brayauds qui auront animé la balade, donneront à 18 heures à l’église de Romagnat.

Info et réservations : La boutique du Patrimoine 29 rue mal Foch 63540 Romagnat
Blogs : voyageàpied2.blogspot.com et parolelibre.blogspot.com Tél : 0473626655